
Il
est admis, comme pour la plupart des races de bergers actuels, que le berger
picard aurait pour ancêtres, ces chiens celtes implantés au cours
de la seconde invasion vers le IVème siècle avant JC.
Au moyen age, de nombreuses peintures, gravures, représentent
des chiens de bergers de taille moyenne à l’ossature forte, aux
poils demi longs et rudes au toucher, avec des oreilles portées droites
naturellement.
A la bergerie Nationale de Rambouillet, on peut voir un tableau du début
du XIXème siècle qui est le portrait du 1er maitre berger accompagné
d’un chien qui a bien des points communs avec notre berger picard d’aujourd’hui.
Les premiers picards ont été exposés en 1863 aux côtés
de beaucerons et de briards et jugés dans la même classe.
En 1898, on acquiert la preuve d’une race picarde :
elle est à cette époque toujours tricolore, c'est-à-dire
pie noire, marquée de feu.
Le prototype de la race est alors TAMBOUR à M. Emile BEDUT
A AMIENS en 1899, plus de 15 picards sont présentés mais E.
BOULET, président du Club français de chiens de bergers qui
juge, refuse de reconnaître la race !
Pourtant plusieurs picards concourent alors dans des épreuves pratiques de garde et de défense, soit à l’étranger
soit en France.
A l’exposition de LILLE en 1908, trois picards sont inscrits au catalogue :
un seul possède vraiment le type, c’est RATON à M. DELEVAT,
chien de couleur beige, qui mourra en 1914 de privations sous l’occupation
allemande.
En 1912, FONTAINE, vice Président du Club St
Hubert du Nord, décrit ainsi le berger picard : « c’est
un chien de taille moyenne, 0,60 au maximum, de couleur noire mélangée
de poils blancs ou bringée foncée.
Mais la cynophilie officielle de l’époque
se refuse à reconnaître la race et parmi ses adversaires les
plus acharnés, se distingue E. BOULET Président du Club français
du chien de berger. A la fin de la guerre, TOURMENTINE, dont le nom doit rester
graver dans la mémoire de tous les picardiers s’attelle de nouveau
à la tâche et parvient avec l’aide de DRETZEN à
convaincre certains dirigeants dont le Président PLAYART du Club français
du chien de berger . En 1925, le berger picard a son standard officiellement
reconnu, on en voit en expositions, mais les dirigeants du club du chien de
bergers français, la conscience en paix et leurs scrupules envolés
le laissent mourir à petit feu !
Le fait que des éleveurs de picards l’utilisèrent
pour faire le bouvier des flandres est un thèse généralement
admise par quantité de cynophiles : je n’en citerai qu’un
M. THORP, président du club français du bouvier des flandres.
Jusqu’à la seconde guerre mondiale, la race sans club pour la
défendre, végète malgré quelques amateurs qui
lui restent fidèles mais qui ne sont guère efficaces. Après
la guerre, il faut repartir presque à zéro et c’est alors
que M. COTTE recherche en picardie « sur le terrain »
les éléments les mieux typés pour les faire se reproduire.
On m’a souvent demandé si, pour reconstituer la race à
ce moment là on ne s’est pas servi d’autres races ,
du bouvier des flandres par exemple, je ne peux répondre de façon
certaine n’étant pas de la génération de M.M COTTE,
DELSIPEE et HECQUET ! Ceux qui sont pour cette hypothèse disent
u’il n’y aurait là qu’un juste et naturel retour
aux sources.
Ceux qui sont contre s’appuient sur le fait que
le berger picard porte les oreilles naturellement droite contrairement aux
bouviers des flandres. Ace sujet je dois quand même préciser
que plusieurs bergers picards issus d’une même lignée sont
restés avec des oreilles tombantes et ce dans plusieurs élevages.
Finalement, comme le dit mon éminent collègue,
juge de la SCC le Dr LUQUET, dans un de ses ouvrages qui font notoriété :
« les chiens de bergers français » paru en 1970,
« le berger picard est demeuré un lupoïde presque sublongiligne,
notamment dans son corps, sa tête son encolure, sa cage thoracique à
côte plutôt plate, son épaule sa croupe » il
ajoute qu’il est intéressant de faire un parallèle avec
le bouvier des flandres qui, bien qu’ayant les mêmes origines
ancestrales que le picard, a évolué, sous l’influence
de la sélection des hommes, vers un type opposé, matinoïde
et bréviligne.
Actuellement de nombreux berger picard ont une vie de
chien de garde et de compagnie, contrat qu’ils remplissent à
la perfection donnant à leurs maîtres un merveilleux sentiment
de bonté, de fidélité, d’intelligence et de sécurité.
Ils ont conservé un patrimoine fait de santé et d’équilibre.
Le Berger Picard d’hier et d’aujourd’hui
par J. SENECAT (1979).
Avec l’autorisation de l’auteur.
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It is commonly admitted, as with most of today’s herding breeds in France, that the berger picard originated with the celt dogs introduced during the second invasion around 400 BC.
In the Middle Ages, numerous paintings and engravings represent sheepdogs which were medium sized, strong boned with mid length crisp coats and naturally upright ears.
The breed prototype is TAMBOUR belonging to a M. Emile BEDUT. In Amiens in 1889, more than 15 Picards were presented to M. E. BOULET the judge, president of the French Sheepdog Club, but he refused to recognise the breed!
That a number of breeders used Picards to create the Bouvier des Flandres (Flemish Cattledogs) is generally accepted as fact by numerous dog fanciers, among which a M. THORP, president of the French Flemish Cattledog club.
Up till the 2nd World War, the breed, with no club to defend it, dwindled despite the inefficient but faithfull few. After the war, the breed had to be build up from nothing. At this time M. COTTE started sifting through Picardy to find well typed subjects from which to breed. I have frequently been asked if, to rebuild the breed at this time, other breeds, like the Bouvier des Flandres, were used. Not being of the same generation as Messrs COTTE, DELSIPEE and HECQUET, I can’t really say for certain. Those that approve this theory add that it would be a natural and just state of affairs.
Finally, an emminent colleague, the SCC judge, Dr LUQUET, stated in his book “les chiens de bergers français” printed in 1970, “the Berger Picard remains wolflike: longer than tall, especially regarding its body, its head and crest, the flat sided ribcage, its shoulder and croup”, he adds that it is interesting to compare this with the Bouvier des Flandres that, though sharing the same origines has evolved , through human selection, into the totally opposite type: squat and mastifflike.
Nowadays, many Berger Picards live as guard dogs or family dogs and give great satisfaction to their masters proving to be good natured, faithfull, intelligent and safe. They have a heritage of healthiness and balance.
Le Berger Picard d’hier et d’aujourd’hui par J. SENECAT (1979).
With the author’s permission.